La nature, un patrimoine commun à partager.
La forêt et les espaces ruraux constituent un patrimoine commun partagé par de nombreux usagers. La chasse s’y inscrit dans une logique de responsabilité collective, de concertation avec les acteurs du territoire et de transmission entre générations.
La forêt wallonne, un patrimoine naturel collectif à préserver
De tout temps, il a fallu organiser et préserver l’usage partagé des forêts. Privées ou publiques, elles forment une part précieuse de notre patrimoine naturel commun. En Wallonie, la forêt couvre aujourd’hui un tiers du territoire (563.000 ha en 2020, contre 315.000 ha en 1854), dont 163.000 hectares sont intégrés au réseau Natura 2000. Près de 9.000 entreprises gèrent 85 % de cette surface, valorisant ses ressources tout en générant 19.000 emplois directs (source : http://www.filiereboiswallonie.be).
Les forêts publiques, qui représentent la moitié des forêts wallonnes, sont ouvertes à toutes celles et ceux qui les fréquentent avec respect : promeneurs, naturalistes, sportifs, mouvements de jeunesse… Nous sommes nombreux à y chercher ressourcement et apaisement.
« La nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, émerveille l’âme, le cœur et l’esprit. »
Pierre Rabhi.
La chasse, balisée dans le temps et dans l’espace
La forêt est aussi un lieu de chasse. Selon ChasseOnWeb, plus de 4.400 zones y sont dédiées. Que ce soit en solo ou lors de battues organisées, les chasseurs s’y engagent avec sérieux, dans le respect scrupuleux des règles de sécurité et de la cohabitation avec les autres usagers. Pour que chacun puisse profiter de ces « poumons verts », le dialogue et l’observation des règles sont essentiels. Tous les cinq ans, un arrêté encadre les périodes de chasse. Pour 2025–2030, la chasse en battue au grand gibier se tiendra du 1er octobre au 31 janvier (hors chevreuil et grand cerf boisé, fermés au 31 décembre). L’affût de printemps au brocard est possible du 15 avril au 15 mai, celui d’été du 15 juillet au 15 août, tandis que l’affût au cerf demeure inchangé au 21 septembre.
Lorsque la chasse est autorisée — en réalité quelques jours par an pour un même territoire — tout est mis en œuvre pour informer les autres usagers. Le Code forestier (art. 15) garantit cette cohabitation. Les fermetures temporaires de chemins sont décidées en concertation avec le DNF et les communes. Une signalisation réglementaire, apposée de manière bien visible (2,5m de haut) au moins 48h à l’avance, indique clairement les zones concernées et les horaires.
Un dialogue nécessaire entre agriculture, biodiversité et chasse
À la lisière des bois, champs et prairies rappellent que les agriculteurs sont aussi concernés. Le dialogue entre monde agricole et monde cynégétique est permanent, car les dégâts aux cultures causés par le gibier nécessitent des réponses justes. C’est pourquoi les chasseurs participent à l’indemnisation des pertes avérées et mettent en œuvre, quand cela est possible, des mesures de prévention ou d’éloignement. Cette concertation pragmatique permet de maintenir un équilibre entre production, biodiversité et responsabilité collective.
Une tradition vivante de transmission et de convivialité
Enfin, mais ce n’est pas le moindre des choses, la chasse se vit souvent en famille ou entre amis. Par-delà les générations et les groupes sociaux, elle réunit des passionnés de tous horizons, dans un esprit de transmission, de partage et de lien, de convivialité. Ce patrimoine humain est aussi vivant que les forêts qui en forment le creuset.
Pour aller plus loin
- Le calendrier de la chasse – l’arrêté « ouverture »
- Le balisage
- Chasse on web